Les tombes royales d’Ur, Irak.

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Carte géographique et aires culturelles. Source : http://images.google.fr/ (consulté le 14 avril 2016) © Creative Common

Dans ce présent article nous aimerions vous présenter les « tombes royales » d’Ur (Irak). Il permettra de faire une transition entre notre partie réservée à la momification et celle des crânes surmodelés de Mésopotamie.  En effet, il permet de reprendre un élément de chaque catégorie : la nature royale de ces tombes renvoie à celle de Toutankhamon ; l’aire géographique (Irak) permet de le relier à la catégorie des crânes même si antérieurs. Ces tombes permettront de voir l’évolution crânes / tombes royales. Les tombes d’Ur ont été découvertes en même temps que celle de Toutankhamon si bien qu’elles sont souvent oubliées par le grand public. C’est une manière de les mettre en avant aussi. Enfin, ces tombes nous permettront de voir si des éléments de ces tombes se retrouvent ultérieurement (1000 ans plus tard) en Égypte et de voir s’il y a eu une influence ou pas.

Ur ou Our se situe en Irak actuelle. Ces tombes datent de la période des dynasties archaïques (numérotées de I à III), période s’étalant entre – 2900 et – 2340 environ av. J.-C. Le site d’Ur est très connu pour sa ziggourat (voir photo ci-dessous), sorte de pyramide à degrés en briques surplombée d’un temple (que l’on n’a pas retrouvé, donc c’est hypothétique). C’est en 1922 que Woolley, archéologue britannique découvre ces tombes royales et les fouille, année où la chambre et la tombe de Toutankhamon est elle aussi explorée. 

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Ziggourat d’Ur, Irak, vers – 2100 av. J.-C. environ,  (en ligne) source : http://lewebpedagogique.com (consulté le 3 avril 2016)
  • Qu’est-ce que Woolley a découvert ?

Nous sommes face à un véritable « complexe » funéraire. En effet 2100 tombes (LAZZARINI, 2004, [1])  ont été comptabilisées au total, dont 299 probablement abritant probablement l’élite. Ce cimetière est construit de manière hiérarchique reflétant l’organisation sociale de cette civilisation [1] : les tombes moins importantes sont en périphérie, les plus fastueuses, au centre. Deux grandes « tombes » se distinguent des autres : la « tombe du Prince » et le « puit de la mort ». On y reviendra plus tard. Plusieurs types de tombes peuvent être remarqués. En effet, certaines contiennent une chambre funéraire unique, d’autres multiples ou encore existent des tombes fosses ordinaires [1]. Coexistent ainsi différent type de tombes ce qui est intéressant pour les archéologues. Cela leur permet de comparer les différentes architectures, le mobilier présent dans les tombes, l’orientation, la construction, les matériaux utilisés.

  • Le « Puits de la mort », Ur, Irak.

On compte parmi les nombreuses sépultures retrouvées le « Puits de la mort » et la « tombe du Prince ». Le puits de la mort est une sorte de fosse commune  de 5 x 3,25 m [1] où 58 corps ont été retrouvés. Il n’y a pas de couloir d’accès ni de construction [1]. Au départ on a cru à une sorte de fosse commune sans lien entre les morts mais au fur et à mesure des recherches ont a découvert que ces corps avaient été probablement ceux de serviteurs. Ces corps ont été retrouvés avec du mobilier et plus particulièrement des petites fioles. On suppose donc que ces personnes ce sont suicidées (du moins, on a du probablement les aider et ne pas leur laisser le choix), elles se seraient empoisonnées à l’aide de la substance que devait contenir la fiole. Ainsi, on  imagine, un peu comme dans les sépultures égyptiennes des grandes dynasties que les rois et reines devaient être accompagné(e)s par toute leur demeure que ce soit les choses inanimées (bijoux, objets du quotidien, vases, etc…) et animées : les serviteurs, les animaux de la maisonnée. Par conséquent nous sommes face à une pratique funéraire qui a peut-être influencé celles égyptiennes, postérieures. En tout cas  on retrouve aussi ce type de sépulture en Égypte.

  • La « tombe du Prince » ou du « Meskalamdug », Ur, Irak.
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Tombe 755 dite de Meskalamdug – (C) Woolley, In Ur Excavations, II, The Royal Cemetery, p. 157, fig. 35. Source : LAZZARINI Ca., 2004, p. 260.

Nous nous intéresserons au mobilier de la tombe, mobilier qui permettra une comparaison avec celui de Toutankhamon (même s’il ne date pas de la même époque il permet de voir si des points en commun existent).  La tombe en elle-même est très simple : fosse renctangulaire avec un cercueil en bois [1]. On y accède par un puit, puit orné de « blaques en or » [1]. Néanmoins c’est une tombe ordinaire : on pensait qu’elle appartenait à une la moyenne au départ. Or, cette tombe s’illustre par son mobilier funéraire notamment par le « Meskalamdug » (qui lui a donné son nom), casque entièrement en or 18 carats. Ce casque montre et met en exergue la richesse de son/sa propriétaire. En plus de cela on remarque la présence d’une harpe (voir ci-contre

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Harpe, vers -2600 av. J.-C., H. : 1.20 m, Ur, Irak – Photo (C) The British Museum, Londres,  Dist. RMN- Grand Palais/ The Trustees of the British Museum (en ligne). http://www.photo.rmn.fr/ (consulté le 14 avril 2016)

en tête de taureau en or, elle aussi, et comportant des pierres semi-précieuses formant une sorte de marqueterie de luxe. En effet, on retrouve parmi ces matériaux du lapis-lazuli (dont provenant d’Afghanistan), de la cornaline, de la nacre : matériaux prisés à l’époque puisque ces matériaux ne se trouvent pas en Mésopotamie, il faut donc les importer ce qui montre le rang et la richesse de son propriétaire pour acheter ces matériaux. Enfin, ont été trouvé des têtes de béliers, eux aussi fait de bois et de pierres semi-précieuses (lapis-lazuli, nacre, cornaline, etc…) ainsi que de riches parures en or et lapis-lazuli. Par conséquent, en vue de la richesse du mobilier funéraire et comparé à celui de Toutankhamon (chars à roues, amphores, fauteuils, monceaux d’objets précieux, magnifiques bijoux en or) on peut certifier que la personne enterrée était quelqu’un d’important d’où l’appellation de la tombe : la tombe du « Prince ». On ne savait pas au, départ, si c’était un homme ou une femme un roi, une reine, une prêtresse mais grâce à des sceaux-cylindres trouvés on a pu affirmer la présence d’un roi « Meskalamdug » [1]. Par conséquent, bien que des années d’écart les éloignent, on peut dire que ces deux types de tombes montrent la richesse de leur propriétaire important. Ainsi l’élite était enterré avec des objets précieux, attestant leur rang. Néanmoins les tombeaux ne sont pas comparable, d’un côté on a une tombe simple mésopotamienne et d’une autre une tombe beaucoup plus sophistiqué avec une galerie d’accès et des chambres annexes, ce que n’a pas celle-ci. Elles ne sont donc comparables que par leur riche mobilier et par des mêmes objets se retrouvent.

Bibliographie commentée : 

[1] LAZZARINI Catherine, « Les tombes « royales » du dynastique archaïque à Ur : réexamen des données ». Studia AegeoAnatolica. Mélanges préparés sous la direction d’Olivier Pelon. Lyon : Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 2004. pp. 225-261. (Travaux de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, 39); http://www.persee.fr/doc/mom_1955-4982_2004_mel_39_1_2333

Cette source a été utilisée en parallèle du cours dispensé par Pascal BUTTERLIN, professeur d’Orient Ancien à Paris 1. Il nous a permis d’approfondir le sujet, de donner des informations supplémentaires que nous n’avons pas vues en cours. Rédigé par LAZZARINI Catherine ancienne doctorant dont la thèse était « Les Tombes royales et princières en Mésopotamie à l’Âge du Bronze », nous pouvons affirmer que cet article est très fiable par son caractère scientifique, la pertinence des propos et par sa provenance (Persée).

 

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